Le 18 décembre s’est tenu le dernier conseil de l’année 2019, l’avant-dernier de ce mandat. Avec 52 points, plus de 1200 pages, à étudier en 5 jours, aucune chance pour que l’ensemble des élus et même les plus sérieux puissent voter les délibérations soumises avec le recul et l’analyse nécessaires. Ce conseil a porté sur :

  • La mobilisation contre la réforme des retraites, à travers un vœu reçu la veille.
  • Le budget prévisionnel 2020, avancé au mois de décembre alors qu’il est d’habitude voté en avril, sans que nous ne puissions réellement analyser pourquoi. Forcer les membres de la majorité à sortir du bois peut-être…
  • Les subventions aux associations, sans aucune transparence sur la partie du financement en nature
  • Le bilan annuel de la Sadev sur le projet Ivry Confluence, finalement reporté.
  • Une occasion de s’exprimer sur la déprogrammation du film « J’accuse » au Luxy

A propos des retraites :

A l’image de ce qui se passe dans notre pays ou notre département, depuis le 5 décembre, de nombreuses forces sociales, politiques, de très nombreux acteurs syndicaux ivryens sont mobilisés contre la réforme des retraites qui se prépare. Les temps de mobilisation sur notre ville sont impressionnants aussi bien par leurs nombres que par leur ampleur. A chaque rendez-vous national, à chaque rendez-vous départemental, sur chaque rendez-vous Ivryens, des professionnels de tous corps de métier se mobilisent en grand nombre en étant en grève reconductible et/ou en allant manifester. Les agents territoriaux comme les enseignants travaillant à Ivry se sont constitués en comité de grève intersyndical interprofessionnel. Ils mènent le même combat contre ce projet de réforme. Beaucoup de ces grévistes sont en grève reconductible. Depuis 14 jours. J’avais envie de rappeler ici, ce qui est une non information mais un acte fort et une réalité… Un gréviste est un salarié qui fait le choix de perdre chaque jour une part de ses revenus. Depuis 14 jours, des salariés ont fait ce choix. Personne ne le fait de gaité de cœur, ni chez les agents territoriaux ni chez les enseignants. Ce soir, ce vœu de soutien montrera, je l’espère avec une très grande majorité, que le conseil municipal et ses représentants vous soutiennent.


Comme le Parti Socialiste et d’autres partis vous ont soutenus mardi dernier, le 17 décembre, lors de la grande manifestation nationale. Les socialistes étaient une nouvelle fois dans la rue, aux côtés de nos forces sociales afin d’amplifier le mouvement et proposer des mesures alternatives. Il faut dire que la conférence de presse du premier ministre, du 11 décembre, n’a fait que renforcer notre opposition à ce projet. En levant le voile sur les flous de la réforme, le premier ministre n’a fait que mettre en lumière les injustices que porte ce projet de réforme des retraites :

  • En premier lieu, avec son concept d’âge pivot, qui n’est en fait que la résultante du travailler plus pour gagner moins !
  • Avec des mesures d’âge pour mieux diviser le pays… Né avant ou après 1975 ? Pas mieux pour essayer de briser la solidarité entre les générations !
  • Avec un système à points. Chaque heure cotisée engendrera des points, donc des droits à la pension. Les points cumulés abonderont un compte propre à chaque assuré, un peu comme dans le régime des complémentaires. Et la valeur du point dans ce système ? Le premier ministre ne s’est pas clairement engagé à ce que la valeur du point augmente, comme le salaire moyen. Il s’est juste engagé sur une non baisse de la valeur du point mais en fait cela ne dit rien ou ne présage en rien d’une évolution des retraites dans le long terme.

  • Autre mesure annoncée, celle de la pension minimale de 1000 euros. De prime abord, elle peut apparaitre comme une mesure d’avancée sociale. Cependant le minimum de retraite, minimum contributif égal à 85% du smic est une mesure déjà inscrite dans la loi sur les retraites mais jamais appliquée. La majorité gouvernementale actuelle a d’ailleurs refusé qu’elle s’applique dès 2019 aux agriculteurs…

C’est cette réforme que le gouvernement qualifie de juste ! Je ne dois pas avoir la même définition du mot juste. Juste de ne plus prendre en compte les carrières longues ? Juste ne pouvoir partir avec une retraite complète qu’à 64 ans même si on a déjà travaillé 42 ou 43 ans?
Juste pour un salarié de continuer jusqu’à 64 ans à faire les routes ou à construire des bâtiments ? Juste de ne plus tenir compte de la pénibilité de nombreux métiers ? Nous avions mis en place des critères de pénibilité. Ils étaient au nombre de 8. Ce gouvernement en a retiré 4. Le compte personnel de pénibilité : retiré. La contre argumentation au refus de travailler jusqu’à 64 ans est que l’espérance de vie a augmenté ! Certes elle a augmenté, mais si on regarde de plus près ce qui en est de l’espérance de vie en bonne santé. Elle, elle est de 62,5 ans. Donc pour tous ceux dont la vie active est difficile, laborieuse on projette assez facilement ce que sera la vie après le travail Ce sera la vie avec des soins…


Alors, non Ce projet de réforme n’est définitivement pas juste. Surtout il est inéquitable ! Il ne fait que reproduire les injustices sociales jusqu’à la fin de la vie.  

Les élus du groupe socialistes ont voté ce vœu de soutien au mouvement social porté à Ivry et au-delà de ce vœu, les élus socialistes continueront, à soutenir tous les acteurs qui se mobiliseront contre cette réforme injuste et inéquitable.

Au-delà de ce vœu de soutien, groupe socialiste a proposé et obtenu qu’une contribution de 2000 € soit adoptée au profit de la caisse de grève intersyndicale/interprofessionnelle ivryenne.

A propos du Budget Prévisionnel :

Le groupe socialiste a une fois de plus rejeté la proposition d’un budget qui avait cette année la particularité de n’être que théorique, puisque, quelle que soit la liste qui sera élue en mars prochain, elle révisera les dispositions adoptées, pour faire droit à ses engagements programmatiques.

Le Budget prévisionnel 2020 de la ville d’Ivry pèse 160 Millions d’€. Il est d’environ 90 Millions pour les communes de même strate.

  • Quel est l’impact des choix budgétaires qui y sont faits pour Ivry et ses habitants ?

Les priorités de la majorité sortante étaient pour ces 6 ans le droit à la ville pour tous, le maintien des services publics et la transition écologique.

  • La 1e porte sur la solidarité. On ne peut que souligner les actions menées pour mettre en place un véritable CCAS, doubler le nombre de places municipales en crèches et agrandir le CMS, actions que nous avons soutenues. Pour autant, nous ne pouvons que nous inquiéter de l’augmentation de la précarité dans la ville et alerter sur la question de la mixité sociale. Nous n’avons pas de bilan pour mesurer si les dépenses de solidarité ont réellement augmenté au sein du CCAS ou si il n’a fait qu’absorber le transfert des dépenses des services antérieurs pour le fonctionnement des foyers de personnes âgées et les différentes aides à l’autonomie. Nous n’avons pas non plus, et pas encore dans ce budget, d’éléments nous permettant de considérer que l’activité du CMS va augmenter.
  • La 2nde porte sur le renforcement du service public et son adaptation aux besoins de la population. Force est de constater un recul et non un progrès dans ce domaine, malgré les moyens dont la ville dispose. En matière d’éducation, de culture, de sport, Ivry reste sur ses acquis, qui commencent à dater. Pas d’action suffisante en matière de soutien scolaire, une dégradation des accueils périscolaires, souffrant d’un déséquilibre entre agents vacataires et permanents, d’une précarité et donc d’une instabilité pénalisantes pour nos enfants, insuffisance d’entretien des équipements sportifs, difficulté à maintenir un véritable soutien au fonctionnement des établissements culturels, à la création et un niveau élevé d’accès à la culture pour tous. Nous ne cessons de le dire : pour l’heure, le niveau du service public ne suit pas le rythme du développement de la population. C’est pourtant un levier indispensable de l’égalité et de la cohésion sociale.
  • Enfin concernant la transition énergétique, le soutien du Maire au projet de reconstruction du Syctom suffit à discréditer toute l’action de la municipalité. Plusieurs évolutions sont à noter, mais elles restent trop à l’échelle d’expérimentation. Au global, la végétalisation n’est pas au rendez-vous ; nous suffoquons sous les pollutions du périphérique et aucun projet ne prévoit de traiter ce problème ; l’absence totale de moyens d’accompagnement au tri des déchets annihilent les effets positifs des actions engagées (tri dans les cantines, collecte des bio-déchets).
  • Une autre dimension ne fait pas partie des priorités et cela se voit ! C’est le cadre de vie. Qu’il s’agisse de la baisse des moyens de lutte contre l’habitat insalubre, des problèmes de circulation, de la dégradation de la voirie, de l’éclairage des rues qui fonctionne quand il veut, des commerces à qui l’on tourne le dos, des médecins à qui l’on reprend le caducée, des travaux non coordonnés, des incivilités impunies… le ras-le-bol est là  et la réaction se fait attendre.
  • Un budget est révélateur des intentions d’une majorité. Dans notre cas précis, il y a un tel fossé entre les propos et les actes qu’il est très difficile de s’exprimer de façon lisible et audible. C’est le but bien sûr. Les impôts n’augmentent plus certes, mais les tarifs des activités sont revalorisés de 3 %. Ne nous dites pas que le gel des impôts vise à ne pas alourdir le pouvoir d’achat des ménages.
  • En matière de gestion, ce budget est une continuité.

L’emprunt augmente encore et toujours, pour investir massivement. Mais l’emprunt ne porte pas sur de nouveaux projets ; il finance des dépenses de gestion. En regardant de près, le principal objet des investissements, en dehors des enveloppes de maintenance (7 millions d’€), est l’acquisition immobilière (20 millions d’€).

C’est assez révélateur de cette course à la construction dans laquelle nous sommes engagés et qui densifie la ville sans améliorer la situation des populations à ressources modestes ou moyennes, les 1e ne pouvant pas se loger dans des conditions décentes et les 2ndes étant asphyxiées par les tarifs et les impôts, le tout contribuant à une dégradation générale des services publics.

Les trois domaines qui voient leur budget de fonctionnement augmenter sont l’accueil du public et la vie des quartiers, deux secteurs où pour l’instant rien ne nous permet de penser que les objectifs poursuivis sont l’amélioration du service public plutôt que la communication et l’événementiel. Quant à la restauration scolaire, le choix fait de transférer la charge de la perte de repas, du siresco aux villes, est un choix de mauvaise gestion et va coûter beaucoup plus cher à notre ville sans améliorer la prestation.

  • En bref, la vie des Ivryens ne s’est pas améliorée, elle s’est même dégradée, de fait des choix de priorisation et de gestion.
  • L’un des principaux enjeux d’une bonne gestion financière locale est la transparence dans l’utilisation des deniers publics.

Le Maire s’était engagé au précédent conseil municipal mais aussi dans sa communication, à faire la lumière sur les moyens municipaux mis à disposition des différents partenaires associatifs et institutionnels. Rien n’a été produit.

Sans l’ensemble de ces informations, ce budget est tout bonnement insincère et nous ne pouvons décemment le voter sans trahir le mandat qui nous a été donné.

Cela fait des années que nous dénonçons le budget consacré à la communication : 8 millions d’€. C’est bien dans ce budget qu’est ponctionnée l’organisation du marché de noël de Berchères, tant pour les banderoles, les calicots, les panneaux électoraux, les tables et chaises, frigidaires, les barbecue, l’installation électrique, le chauffage, que pour le personnel qui part installer tout cela plusieurs jours avant et désinstaller plusieurs jours après l’événement, même si ce dernier point est dénié par le Maire.

  • Un budget participatif mis en œuvre dans la dernière année du mandat, c’est bien mais surtout électoraliste. En réalité, un budget vraiment transparent et une gestion réellement démocratique impliquent l’association les citoyens à l’ensemble de la procédure de construction des choix politiques qui les concernent mais également à l’évaluation des politiques publiques. Nous en sommes très loin !
  • Deux réactions au débat du 18 décembre à propos du personnel communal (82 millions d’euros) et à la politique d’accessibilité :

A propos du personnel municipal, il est régulièrement sous-entendu dans les couloirs de la mairie ou au cours des réunions de propagande interne que nous sommes hostiles à la masse salariale. C’est bien dans les méthodes de cette majorité.

Le personnel est un poste important du budget communal, mais parce qu’il permet une gestion en régie directe de très nombreux services publics. A ce titre, ce personnel doit être pris comme une richesse et une opportunité, et pas autre chose. Or, plusieurs indicateurs de souffrance nous alarment, à la lecture des bilans sociaux de la ville : absences, postes vacants, nombre de vacataires… Pour que cette force vive soit un moteur des politiques publiques et progrès nécessaires pour notre ville, elle doit se sentir bien, voir ses compétences valorisées, trouver du sens à son action quotidienne, se sentir utile et fière de servir l’intérêt général. La souffrance au travail a un coût, et c’est ce coût-là qui est inacceptable.

Enfin est mise en valeur l’action de la municipalité en matière d’accessibilité. 300 000 € par an, c’est-à-dire moins que le coût de réparation du mur du cimetière, c’est anecdotique, pas moins. Et pas à la hauteur. Si un certain nombre d’équipements sont accessibles, et encore pas totalement, l’entretien de ces équipements d’accessibilité restant insuffisant, l’effort n’est pas étendu à la voirie et n’est pas inscrit dans le fonctionnement même des services municipaux. La preuve en est que le conseil municipal n’est pas accessibles aux sourds et malentendants.

  • – Subventions aux associations

Trois considérations nécessitent d’être émises à propos des délibérations relatives aux associations :

  • Sur une enveloppe de 3,5 millions d’€, 3,2 sont attribuées à 8 associations exerçant une mission de service public et pouvant être considérées comme paramunicipales. La centaine d’autres associations financées se répartit des miettes et des dizaines d’autres ne sont pas financées, malgré les besoins et la qualité de leur action au bénéfice de l’intérêt général.
  • Nous disposons en tant qu’élus devant approuver ces subventions d’une vision partielle non seulement de l’activité de ces associations (les dossiers qu’elles constituent pour rendre compte à la ville de leur bilan financier et d’activité ne nous est pas remis), mais surtout de la globalité de l’aide que la ville leur apporte, et ce malgré une demande récurrente et pluraliste depuis des années. La ville a les moyens de donner ces informations ; le fait qu’elle ne les donne pas ne peut qu’entretenir le sentiment que l’opacité n’est pas anodine. Le pire, c’est que cette transparence sur la réalité de l’aide apportée par la ville (cars, salles, moyens humains, matériels), permettrait de valoriser ce que représente réellement son soutien aux associations.
  • Enfin et surtout, ce conseil a été l’occasion d’introduire une réserve sur la conception qu’a cette municipalité de sa relation partenarial aux associations. Alors que selon nous, celle-ci devrait garantir l’indépendance des associations dans leur fonctionnement et leur fixer des objectifs par convention qu’elle contrôlerait à chaque exercice, avec l’examen de leur gestion financière, nous assistons plutôt à une sorte d’emprise, sur les dirigeants, la communication, sans aucun contrôle de l’activité et des finances, sauf quand dirigeants et communication leur échappent.
  • C’est ainsi que l’USI foot se retrouve, alors qu’elle fournit sans réserve les mêmes documents demandés par la ville pour le renouvellement de sa subvention annuelle que toutes les autres associations, non seulement l’objet de suspicions, accusations, portant un préjudice excessif à ses membres, mais en plus mis sous tutelle, dans le cadre d’un règlement de compte personnel. Les mesures d’audit et administration provisoire demandées à la justice pourraient être légitimes si le sentiment très fort ne nous traversait pas qu’elles ne s’appliquent qu’à ceux qui sortent du cercle des compagnons de route… On ne peut pas dans ces proportions baisser le budget d’une association sans concertation et mettre en péril son activité, aux dépends d’un millier de passionnés. Soit la subvention n’était pas justifiée depuis des années et la ville est fautive de nous l’avoir fait voter annuellement, soit elle l’était et la ville prend et devra assumer la responsabilité de détruire cette association.

PARMI LES POINTS DIVERS

(point 35) A l’occasion du renouvellement des adhésions du Luxy à un certain nombre d’organismes et associations d’art et d’essai, nous avons décidé d’exprimer en conseil notre désaccord avec la décision hâtive et non concertée de déprogrammer le film « j’accuse » de cette salle. S’il est entendable et légitime d’exprimer une réserve vis-à-vis de son réalisateur, il n’est en tout état de cause pas dans les prérogatives du Maire de notre point de vue d’exercer seul une censure sur la programmation de ce cinéma d’art et d’essai.

C’est assez révélateur de bruits que nous avions déjà pu entendre sur des interventions de la ville pour imposer ou interdire telle ou telle projection et invitation.

Nous trouvons cela profondément contestable et indigne d’une ville de culture et d’insoumission.

C’est l’occasion aussi pour nous de souligner toute la qualité de ce qui est proposé par ce cinéma et son équipe.