La Loi de transformation de la fonction publique ne répond pas aux défis que rencontre aujourd’hui la Fonction publique. En cohérence avec toute son action, la majorité présidentielle cherche dans cette Loi à dénouer certaines contraintes administratives et réduire les coûts, sans explorer réellement quels progrès doit accomplir le service public pour mieux répondre aux évolutions sociétales et aux besoins de la population. Il en découle des mesures de réduction des droits des agents de la fonction publique, faisant d’eux les coupables de la lourdeur du système. Réduction du droit de grève, non pas pour améliorer la continuité du service public mais en fragilisant l’égalité de traitement de tous face à ce droit fondamental. Réduction des garanties, notamment de l’emploi, dégradation des conditions de travail, en premier lieu du temps de travail, et affaiblissement des instances partenariales complètent le texte. Beaucoup attendaient que certains avantages des fonctionnaires, considérés comme des privilèges, soient remis en cause, mais le Gouvernement a, de façon bien électoraliste, accédé à ces attentes en omettant un élément majeur, c’est qu’en contrepartie de ces avantages, la rémunération des agents du public est en général très inférieure à celle du privé, pour des postes et responsabilités comparables.

Mais puisque l’on parle de gestion du personnel, comment ne pas faire un détour par le fonctionnement local. Il me parait indispensable d’informer les Ivryens que dans notre commune, derrière les beaux discours, près de 500 personnes travaillent, principalement auprès de nos enfants, dans la plus grande précarité. Il s’agit de personnel recruté en vacation, c’est-à-dire payé à l’acte. Pas de congés payés, pas de droit à la formation, pas de droit à congé maladie… Plus de la moitié des personnes qui encadrent les enfants dans les centres de loisirs relève de ce statut. Il en découle de l’absentéisme, du turn over, un manque de formation et une impossibilité pour ces salariés, exerçant pourtant parfois à temps plein depuis des années sous ce régime, de se projeter dans leur vie personnelle. Outre l’illégalité de ce recours abusif aux contrats de vacation, cela explique les difficultés de recrutement, les effectifs insuffisants et les agents en difficulté pour mener leurs activités dans de bonnes conditions.

A côté de cela, le Maire vient de décider d’une augmentation d’1,2 millions, en année pleine, du régime indemnitaire des agents permanents de la ville. Nous ne disposons pas des informations nous permettant de juger de l’utilité et de la bonne répartition de ce bonus. Mais nous ne pouvons qu’interroger l’opportunité d’appliquer cette augmentation en septembre 2019, soit 6 mois avant les élections municipales…

Avec mes collègues du groupe socialiste, je vous souhaite une bonne rentrée,

Sandrine Bernard


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