Chers Ivryennes et Ivryens,

Jeudi 14 février, le conseil municipal a été saisi par la majorité d’un vœu relatif à la Loi anticasseurs. Bien que ce point ne relève pas de nos compétences municipales, nous, élus socialistes, avions prévu de le voter, partageant la conviction que la restriction faite aux libertés publiques n’est pas la bonne manière de lutter contre la violence. 

Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir sur table un « ajout » aux attendus de ce texte. Il s’agissait de demander « l’amnistie immédiate des manifestants auteurs de violences ».

Nous tenons à rappeler que seul l’Etat détient le monopole de la violence physique légitime. Cela donne aux forces de l’ordre, à qui l’usage de la force est conféré, pour assurer notre sécurité, une obligation d’exemplarité ; cet usage doit être justifié et proportionné. Tout abus doit donc être sanctionné, sans chercher ni à minimiser les responsabilités de son auteur. C’est le fondement même de l’Etat de droit qui garantit nos libertés.

Mais en aucune circonstance, nous ne pouvons concevoir d’étendre à quiconque le recours à la violence.

La position de la majorité municipale est stupéfiante. Dégradations de véhicules, de vitrines, de monument public, actes antisémites, agressions des personnes détentrices de l’autorité publique, de personnalités médiatiques, menaces et intimidations entre gilets jaunes… Tous ces actes ne devraient-ils pas être punis ? Les victimes ne méritent-elles pas d’être reconnues et indemnisées, au même titre que celles victimes de violences policières ? Et qui va payer les réparations ? Stupéfiant de la part d’un Maire qui a introduit, aux frais des contribuables, pas moins de 5 recours juridiques, pas toujours justifiés, depuis 4 ans pour se défendre d’atteintes à son image ou son identité. Stupéfiant de la part d’une majorité qui soutient les revendications des gilets jaunes et ne fait pas une distinction nette entre les dizaines de milliers de manifestants pacifiques et les quelques centaines de fauteurs de troubles qui ont pris l’habitude de discréditer leurs rassemblements.

Toujours le même aveuglement social de la part de cette majorité. Les infractions au code pénal n’ont pas la même gravité quand elles émanent de catégories populaires et/ou accompagnent des mouvements sociaux. Jusque-là, quand la mairie soutenait un mouvement, elle mettait ses propres agents en grève ; maintenant, elle exonère les casseurs de leur responsabilité. Tout est-il dorénavant permis ? Quel message passé aux jeunes générations !

Ce vœu a été adopté, avec nos seules voix contre…

Bien à vous,

Sandrine Bernard


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