L’un des premiers facteurs du bien vivre est d’être bien logé et si possible à un coût raisonnable par rapport à ses revenus ! A l’instar de l’Ile-de-France, Ivry est en zone tendue. Loyers élevés, manque de logements à la location, coût à l’achat au m2 excessif…

Pour répondre à cette réalité, la majorité Ivryenne a fait 2 choix : celui d’une offre conséquente de logements sociaux (37,3%) et en résidences sociales (5,7%) et celui d’une action forte pour maîtriser les prix de sortie à l’achat.

Si nous soutenons sans réserve le choix de limiter la pression foncière, nous sommes plus réservés sur le dépassement des 40% de part d’habitat social sur le territoire. Les avoir atteints est déjà louable, et a eu un coût.

Le risque actuel est la fragilisation de notre cohésion sociale. Alors que la récente stratégie métropolitaine en matière d’habitat fixe un cap juste, répartissant les efforts entre communes pour répondre aux besoins divers à l’échelle du territoire francilien, Ivry devrait se saisir de cette approche globale et équilibrée pour réorganiser ses priorités.

La gestion actuelle de l’habitat social n’est pas tenable. Il ne suffit pas de construire, encore faut-il se donner les moyens d’entretenir, de réduire la précarité énergétique, de maintenir le vivre ensemble, de favoriser la mobilité au sein du parc dans la durée et de remettre à flot financièrement le principal bailleur, l’OPH. Tout est question d’équilibre et de maitrise. Investir moins mais mieux.

De plus, le parti-pris en matière d’attribution est vécu comme injuste ; la cotation pratiquée donne la priorité à la très grande précarité, au risque de fragiliser la mixité sociale et d’écarter des familles modestes pourtant prioritaires. Cette politique d’attribution est opaque et elle est assumée comme telle.

Le plus grand manquement est par ailleurs la lutte contre l’habitat indigne. 2220 immeubles recensés indignes en 2012 ; 2458 en 2017. La situation s’aggrave. Pourtant la ville a baissé ce budget de 34 %. Parce que rien n’est fait pour mettre leur logement aux normes, les familles se tournent vers le social et seront remplacées par d’autres foyers qui viendront à leur tour grossir la liste des demandeurs pour les mêmes raisons. Ce cercle vicieux durera tant qu’on ne traitera pas la question des logeurs.

En définitive, oui il faut revoir les priorités, et réorienter les moyens. Lutter contre les marchands de sommeil, mettre le paquet pour résorber l’habitat indigne, plafonner les loyers pour créer une offre locative privée satisfaisante pour ceux qui le peuvent ; conserver une politique d’accueil d’urgence dans la mesure de nos moyens, diversifier les résidences sociales pour les jeunes mais aussi pour les personnes âgées et développer le logement social pour ceux qui en ont le plus besoin, les familles en premier lieu, parce que là se dessine l’avenir des jeunes générations.

Bien à vous,

Sandrine Bernard


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