Mesdames, Messieurs,

La réunion organisée le 6 mars dernier par le Maire a confirmé qu’aucun projet ne visait ni de près ni de loin les jardins ouvriers d’Ivry ; il semble même qu’ils soient cédés pour 1 € symbolique à la ville. Le délire n’est pas totalement interdit, mais dans une certaine limite. Une telle croisade sur un sujet qui n’existe pas relève surtout de la rétention d’information caractérisée…

Pourquoi ne défend-on pas avec la même véhémence le terrain Villars, porte d’Ivry ? Cet espace, en limite de Paris, dans un quartier dense, avec 3 écoles primaires à proximité, portait en lui-même de grandes potentialités pour les riverains. La concertation n’a été que faux-semblants et les ateliers citoyens d’urbanisme annoncés ne se sont jamais réunis. La promesse de vente a été adoptée à l’aveugle par les élus de la majorité écolo-communiste. Résultat, le projet n’est pas à la hauteur des enjeux. La ville est petit à petit nappée de béton à l’horizontal, alors que les habitants crient leur besoin de nature et de lieux de convivialité, de jeu, de rencontre et de respiration.

Même constat lors du bilan des espaces publics d’Ivry Confluence le 19 mars : ni réponses aux participants ni réorientation. Sont annoncés 10 km linéaires d’arbres et 9 hectares d’espaces « végétalisés » publics. Dans les faits, ce sont principalement des noues et des terre-pleins plantés, les seuls vrais parcs accessibles étant réduits et sur les bords de Seine. Sont annoncées 10 km de voies cyclables. Mais l’essentiel n’est ni sécurisé ni matérialisé. Le « partage » de l’espace public est un concept séduisant, si la ville est en capacité de le faire respecter, ce qui est loin d’être le cas à Ivry, les incivilités étant quotidiennes et impunies. Les cheminements ne sont pas cohérents, ils ne permettent notamment pas de relier ce quartier aux autres quartiers d’Ivry et nous sommes très loin de la trame verte. On ne sait pas si les passages sont privés ou publics, les espaces verts en cœur d’ilot ou en bordure. Dépendent-ils du bon vouloir des promoteurs et copropriétés ? Finalement, aucune garantie n’est apportée.

Tout cela peut encore être corrigé. Il est temps d’envisager l’aménagement global d’Ivry en s’appuyant sur les richesses existantes (patrimoine Renaudie-Gailhoustet, grands parcs, Charles Foix…) mais surtout en priorisant une vision urbanistique, architecturale, paysagère et citoyenne sur les approches commerciales des promoteurs. Il importe surtout d’associer enfin réellement les habitants au devenir de leur ville.

Bien à vous,

Sandrine Bernard


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